Toubon n’avait pas tort

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“Elle peut liker des posts et créer une playlist tout en checkant ses mails”

Cette annonce signée B&YOU, b-and-you.com est le dernier avatar de l’abandon de souveraineté de la langue. Ici règne le globish, cet anglo-américain pauvre de 400 mots, matiné d’un français fonctionnel, un globibulga langagier, uniforme, médiocre et populiste qui veut laisser entendre que celui qui comprend est probablement l’homme nouveau du XXIe siècle.

Ses concepteurs sont-ils de ceux qui revendiquent une communication responsable, achètent chez Daily Monop (encore un anglicisme) des produits bios pour protéger la planète et qui, comme s’insurge Dominique Wolton, baissent pavillon, capitulent et contribuent peu à peu à l’extinction d’une langue et de la diversité culturelle dont elle est pourtant la première garante ?

Si au moins, tout cela était drôle et inventif, riche, truculent et jubilatoire… Pour respecter les injonctions de la loi Toubon, les créatifs publicitaires qui ne parviennent même pas à nous faire sourire – l’indigence des mots le dispute à l’indigence de l’image – sont infoutus de traduire correctement leur accroche : “mails” y est traduit par “e-mails” ! Ça, c’est drôle mais hélas, c’est involontaire.

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