Et si les logos disaient la vérité ?

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Article publié le 30 décembre sur Minute Buzz

Non les logos ne nous mentent pas (quoique…) mais ils pourraient bien révéler la vraie nature d’une entreprise. C’est tout l’objet du travail de Victor Hertz avec ses logos détournés. Un travail artistique qui pose la question de la place des logos dans notre vie et du sens qu’on leur donne.

On est allé demandé son avis à Gilles Deléris, co-fondateur de l’agence W & Cie, qui relie le succès de cet article à la question plus large des marques, et à Fransisco, illustrateur,

MinuteBuzz : Pourquoi un tel succès pour cet article ?

Gilles Deléris : La thématique des logos fascine pour différentes raisons : les marques façonnent notreenvironnement physique et mental. Au “tout est politique” de l’après-guerre succède le “tout est marque” de lasociété d’hyperconsommation. Véritable enjeu d’un pouvoir économique dominant, les marques sont l’objet de toutes les haines et de toutes les fascinations. Les artistes s’en emparent, les altermondialistes les surveillent, les fans les fustigent ou les défendent. Détournées, adorées ou brulées, les marques sont les anges et les démonsdu XXIe siècle.

M.B. : Quel est la vraie force de ces détournements ? Leur côté subversif ?

Fransisco : Pour aborder le thème des logos, il faut une connaissance assez précise sur leurs histoires. Parler d’une marque, c’est aussi parler d’une entreprise, d’une entité, c’est indissociable et c’est justement là que le détournement devient subversif : lorsque quelques « pirates » du graphisme (j’entends par là des gens forts d’une vraie culture, capables de donner un sens et de diffuser un message provocant dans le but d’inciter à la réflexion positive ou négative) détournent des logotypes pour en faire des éléments de propagande anti-pub et parfois en extrapolant anti-consommation/capitalisme. Le film Logorama du collectif H5 est un bon exemple.

Il est vrai que nous sommes entourés d’images, et certains logos ont une identité visuelle si forte que le nom de la marque elle-même ne figure plus dans sa campagne de pub. En tout cas, les détournements sont larges et ont des buts multiples : cela va du simple tee-shirt abordant un nom de vodka transformé en mauvaise blague, jusqu’au réel effort artistique et militant.

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