La Chine, atelier (d’artistes) du monde

LES POSTS DES BOSS
LES POSTS DES BOSS

Dans la compétition culturelle que se livre l’Orient et l’Occident, la Chine vient de remporter une manche symbolique significative. Zhang Daqian et Qi Baishi, deux artistes chinois du XXe siècle se placent aux deux premières places des montants de ventes aux enchères de leurs œuvres en 2011. Troisième, l’américain Warhol devance Picasso qui occupait la première place en 2010. Zhang Daqian, contemporain de Picasso, est un artiste virtuose dont une grande part de l’œuvre comprend des copies de maitres anciens, pris pour des originaux dans de nombreux musées internationaux. Qi Bashi, lui, puise son inspiration dans la plus pure tradition chinoise. L’offensive culturelle chinoise prend ainsi des chemins inattendus et des allures de jeu de go. La copie et la tradition sont consacrées, mais la jeune peinture chinoise n’est pas en reste dans les salles de vente. Elle est, elle aussi, comme l’industrie, moteur mondial de la vitalité de ce secteur. Ajoutons les artistes dissidents tel Ai Weiwei exposé en ce moment au Jeu de Paume, qui résistent et revendiquent la liberté d’expression et nous avons un encerclement complet de la sphère artistique : le patrimoine, l’avant-garde et les contre-pouvoirs. Voici l’Occident renvoyé au terminal des prétentieux. La marque Chine était celle de l’atelier du monde. Elle est aujourd’hui aussi celle d’un atelier d’artistes. Il va falloir compter avec cette culture 5 fois millénaire que ce pays a décidé désormais d’exporter.

Gilles

Voir aussi