bpifrance: du choix stratégique à l’exécution de l’identité visuelle

ECCE LOGO bpifrance
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Pas de visibilité sans signe, voici donc le « logo » annoncé de bpifrance:

 

 

Pour bpifrance (la banque publique d’investissement), il n’y avait que deux stratégies possibles: jouer la proximité avec les entrepreneurs ou incarner un engagement national au-delà de son statut public. Et pour arbitrer entre ces deux options, soit penser qu’il convenait de se rapprocher du public « les entrepreneurs », soit vouloir affirmer un engagement de l’État et la force de la puissance publique. C’est très clairement (sémiologiquement) le choix du premier axe qui a été fait dans le nom – dont toute notion « publique » a disparu en partie pour des questions de disponibilité juridique- et dans le signe. C’est la stratégie qu’avait suivie Oséo en son temps, en allant jusqu’au bout de la démarche. Cette fois-ci nous avons peut-être manqué de courage, en n’affirmant pas notre spécificité française, à savoir le rôle de l’État et des régions dans l’investissement économique privé. Et conséquemment, faut-il s’en réjouir ou le regretter?, nous n’offrirons pas aux Français ni une occasion ni un signe de fierté nationale. Nous n’avons pas IG Metall, mais nous aurions pu avoir la Banque Publique d’Investissement. Voilà pour la stratégie.

Qu’en est-il de l’exécution? On  voit bien, du moins sur la version en positif, car en réserve blanche sur fond jaune la france semble engloutie, la liaison du sigle « bpi » et du nom « france » ainsi que l’accent mis sur bpi. Les deux points, sur et sous le « i » constituent un accident graphique qui contribuera à la reconnaissance du signe – et il ne sert pas à grand chose de vouloir l’argumenter, soit pour en faire le symbole de la solidarité, soit un double « i » de l’investissement et de l’innovation réunis. La typographie dans son dessin -à la fois rigide, mou et épais- semble d’une autre époque: révolue ou à venir… Nous verrons bien.

L’essentiel n’est pas là, dira-t-on, mais dans ce que va faire cette banque, selon quelle doctrine d’investissement, dans  quel équilibre entre les régions et l’État. Certes. Ce n’est pas une raison pour se désintéresser des signes, et encore moins de nier leur impact.

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